Un peu plus près du village de Brûly-de-Pesche, le décor du domaine des Écureuils est nettement différent de celui de la Forestière. Aux villas et chalets plantés dans de vastes parcelles succède un camping où s'alignent des mobilhomes plus ou moins bien entretenus.

– Vous êtes le bourgmestre, M. Jennequin ? C'est vous que j'ai eu au téléphone ?, interroge un résident qui sort de sa caravane en voyant un attroupement. – Non, je suis le ministre Collignon. L'homme aborde alors son ministériel interlocuteur. Le plancher de son logis passe outre, la caravane est déclarée insalubre, la propriétaire ne veut pas faire de travaux, il ne peut pas s'y domicilier, etc. «Dix-sept familles habitent dans le camp, explique une autre résidente. Nous avons épargné pendant trois ans pour réunir 25 000€ et poser des canalisations d'eau mais les travaux n'ont pas été faits correctement, on a des soucis...» Ce qu'elle souhaite pour son camp ? Que la Commune intervienne pour l'adduction d'eau... ce qui n'est pas légal en terrain privé. «Pour le reste, on se débrouille encore bien», se contente-t-elle en commentaire. Passer en plan Habitat vert ? Les Écureuils ne peuvent même pas y penser. Eux n'entrent pas du tout dans les critères d'éligibilité. Aucune régularisation du camp n'est envisageable. Malgré tout, cette résidente, originaire de la région du Centre, glisse qu'elle a habité un peu Couvin mais qu'elle est vite revenue aux Écureuils, où elle se sent bien.

Patrick LEMAIRE (L'Avenir)


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