Le Centre de Médiation des Gens du Voyage et des Roms en Wallonie est un organisme qui travaille la question des Gens du Voyage et des Roms en Wallonie dans un objectif
- d'amélioration des conditions de vie de ceux-ci;
- de cohabitation harmonieuse entre les populations;
- d'un soutien des politiques (qu'elles soient locales, régionales, ...) ou des pratiques socioéducatives vis à vis des réalités vécues par les différentes familles.
La médiation est la méthode d'action privilégiée par le CMGVRW qui permet l'implication de tous les acteurs concernés:
- les Gens du Voyage;
- les familles roms
- les autorités publiques (bourgmestres, administrations communales, Gouvernement wallon, provinces, ...)
- les populations et la société civile (associations, comités de quartiers, services sociaux, écoles, centres culturels, ...).
Le CMGVRW est chargé de coordonner et d’encadrer les projets, et d’assurer le lien entre les gens du voyage et les institutions, notamment au travers d’une présence régulière sur le terrain.
De qui parle-t-on?
Les Gens du Voyage seraient 15 000 en Belgique à répartir équitablement entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie. A ce nombre il faut ajouter les Gens du Voyage des pays limitrophes séjournant chez nous pour quelques semaines ou quelques mois par an.
Une caractéristique commune? Un mode de vie plus ou moins mobile, selon les périodes de l'année, les circonstances de la vie (maladie, vieillesse, ...) et les nécessités économiques et professionnelles.
Par ailleurs, depuis l'effondrement du bloc soviétique, les Roms sont de plus en plus nombreux dans nos villes (Bruxelles, Charleroi, Namur, Liège, ...). Ils seraient plus de 20000 en provenance essentiellement de Roumanie, Bulgarie, Macédoine, Serbie, Bosnie, Slovaquie. Avant leur arrivée en Belgique, la plupart d'entre eux a déjà été victime de discriminations, de relégation dans des quartiers et régions abandonnés, voire parfois même de pogroms.
Au-delà de ces différences, les Gens du Voyage/Roms expriment des besoins identiques aux nôtres: des conditions de vie décentes, une sécurité d’existence, un travail qui leur permet d’avoir des revenus, ...
Pour les Gens du Voyage, pourtant citoyens de notre société, il est parfois difficile de satisfaire ces besoins en continuant à voyager. Il est d’autre part difficile pour les sédentaires de comprendre cette manière différente de vivre. Cette difficulté des uns, cette incompréhension des autres, le flou juridique concernant l'habitat mobile provoquent de nombreuses conséquences difficiles à assumer tant pour les Gens du Voyage qui les vivent, que pour les autorités locales qui doivent les gérer ou les populations locales qui les côtoient.
Ce mode de vie mobile recouvre, pour la toute grande majorité des familles, deux dimensions essentielles:
Le séjour temporaire - que ce soit en Belgique ou dans les pays limitrophes (France, Allemagne et les Pays Bas). Les périodes de séjour temporaire varient mais la demande la plus courante se situe entre 7 jours et 3 semaines. Plus de 33% des communes wallonnes sont concernées, réparties sur l'ensemble du territoire.
L'ancrage local : ils sont aussi habitants d'une commune qui est leur lieu de résidence habituelle même s'ils voyagent durant des périodes plus ou moins longues selon les familles.
Loin de l’idée de personnes sans attaches, les Gens du Voyage ont pour la plupart un terrain familial où ils sont ancrés au niveau local.
Les Roms (en provenance des pays d'Europe centrale et orientale), quant à eux, n'expriment pas de demandes ou de besoins en terme de mobilité, mode de vie qu'ils ne revendiquent pas. Mais ils rencontrent des obstacles liés à la stigmatisation, la différence de langue, au manque d'information et ce, notamment, pour trouver un emploi, un logement, pour accéder aux allocations ou suivre une scolarité de qualité. Ces obstacles accentuent de manière importante la complexité des procédures administratives rendant celles-ci insurmontables et aboutissant à l'inefficacité de certains projets concernant la population rom.
Une étude menée en 2009 par l'asbl R.T.A sur la situation des Roms en Wallonie a permis de constater un enchaînement de cercles vicieux qui alourdit à chaque fois la situation des familles et qui se répercute à tous les niveaux du système d’aide mis en place:
- Leur situation actuelle est notamment le résultat de l'échec des pays d'origine et de l'échec de l'Europe. Ces échecs ont comme conséquences des stigmatisations en chaîne intériorisées par les familles (disqualification économique, discriminations, ...). Or, la stigmatisation provoque chez les personnes qui en souffrent des comportements de réaction qui contribuent à renforcer le stigmate...
- Arrivés en Belgique, le statut de réfugié leur est presqu'inaccessible de manière pratique. Or, les solutions alternatives (régularisation, apatridie, mesures contre la traite des êtres humains, dispositions relatives aux nouveaux Etats membres de l’UE, court séjour de maximum trois mois)s'avèrent être à double tranchant et à double contrainte...
- Les travailleurs sociaux, éducatifs ou administratifs ont une vision biaisée de la population rom. Ainsi, les pratiques socioéducatives mises en œuvre ont tendance à avoir comme effet de briser les ressources (familiales, sociales, éducatives) des familles au lieu de les renforcer...




